D’après le ministère de la Santé, l’allergie au pollen est un véritable enjeu de santé publique "compte tenu du nombre de personnes concernées par des allergies en France : de l’ordre de 20 % des enfants à partir de 9 ans et de 30 % des adultes, en augmentation ces dernières années dans les pays industrialisés".  Une période difficile pour les allergiques qui s’étend de mars à septembre. Les épisodes polliniques s’allongent et évoluent en raison du changement climatique. « L’augmentation des températures favorise l’émission des pollens et la migration de nouvelles espèces allergisantes dont l’ambroisie, nouvel enjeu de santé publique. Les polluants chimiques de l’air accentuent les réactions allergiques » indique Atmo France,  la fédération du réseau national des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA).

Atténuer les symptômes de l’allergie nécessite d’être bien informé sur la présence de pollens dans l’air et d’agir sur son environnement de vie afin de réduire l'exposition aux pollens.

Connaître les périodes à risque

Tout le monde n'est pas allergique au même type de pollens. Certains vont être plus sensibles à celui émis par le bouleau, le noisetier et d'autres aux graminées. Selon les espèces, mais aussi le climat et les régions, les pollens ne seront pas toujours présents dans l'air ambiant au même moment, ni dans les mêmes quantités.

En moyenne, à l’échelle nationale, on constate comme principales périodes polliniques :

  • En hiver : quelques arbres (noisetier, aulne, cyprès en Méditerranée)
  • Au printemps : majorité des arbres (bouleau, frêne, puis chêne, hêtre ; etc.)
  • De la fin du printemps au début de l’été : certaines herbacées (graminées, ortie, etc.)
  • A la fin de l’été et en automne : autres herbacées (armoise, ambroisie, et autres plantes de la famille des composées en particulier).

Pour maîtriser le risque de développer un épisode allergique et prendre des mesures, il est donc indispensable de s'informer régulièrement. Pour cela, consultez l’indice pollen. Développé par Atmo France et les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), il étudie et présente les concentrations de six espèces de pollens : l’ambroisie, l’aulne, l’armoise, le bouleau, les graminées et l’olivier.

L’indice pollen est disponible à l’échelle communale pour la France métropolitaine et la Corse sur www.atmo-france.org. Une prévision de l’indice pollen du jour, du lendemain et du surlendemain est publiée quotidiennement à 13 h.

Être vigilant à l'extérieur

Lors des périodes à haut risque, les sorties à l'extérieur sont à limiter autant que possible. Si vous ne pouvez pas les éviter, le port d'un masque, de larges lunettes et d'un chapeau réduiront l'exposition. Privilégiez les déplacements le matin, avant que les pollens ne se disséminent trop, ou la fin de journée lorsqu'ils seront retombés.

Gardez-vous des situations vous surexposant comme la tonte de la pelouse et l'entretien du jardin, ou durant lesquelles vous serez plus sensible, le sport notamment. En voiture, roulez fenêtres fermées et en mode air recyclé. Pensez, avant les périodes à risque à faire vérifier la qualité de vos filtres d'habitacle, et à nettoyer régulièrement l'intérieur de votre voiture.

Réduire les pollens sur soi

Après une exposition aux pollens, il est important de vous en débarrasser au maximum. Durant les périodes à haut risque, la bonne habitude à prendre est de retirer ses vêtements et chaussures en rentrant chez soi et si possible de les rincer ou de les laver. Prenez une douche ou lavez-vous les cheveux où les pollens se déposent en grand nombre. Pour les yeux et le nez, utilisez du sérum physiologique ou un spray nasal pour éviter d'entretenir l'inflammation durant la nuit.

Préserver son logement

S'il est indispensable d'aérer quotidiennement son logement, notamment en période de pandémie, cela favorise cependant la pénétration de pollens à l'intérieur. Pour la limiter, aérez de préférence avant le lever du soleil ou après son coucher, ou encore lorsqu'il pleut.

Le ménage doit être fait plus régulièrement, mais en utilisant systématiquement un chiffon ou une serpillière humides, et surtout pas secs au risque de disséminer le pollen dans l'air. Le balai est à bannir au profit de l'aspirateur. Évitez de faire sécher le linge à l'extérieur pour que les pollens ne s'y déposent pas.

Enfin, éliminez tout autre facteur aérien irritant, qui pourrait aggraver les symptômes, comme le tabac, les produits d'entretien ou de bricolage, les feux de cheminée, les parfums d'intérieur, les encens et bougies, les aérosols, etc.

Limiter les risques dans votre jardin 

Tous les pollens ne sont pas gênants et toutes les plantes ne sont pas allergisantes. Les espèces dites « anémophiles », c'est-à-dire pour lesquelles la pollinisation se fait par le vent, et non par les insectes, le sont particulièrement car elles émettent un plus grand nombre de pollens pour augmenter leur chance de fécondation. Cela comprend notamment certaines graminées (avoine géante, baldingère, élyme des sables, queue-de-lièvre, canche cespiteuse, etc.), les ambroisies, les cyprès, les bouleaux... Pour en savoir plus sur les espèces à privilégier ou au contraire à proscrire, mais aussi bénéficier de conseils d'entretien consultez le site www.vegetation-en-ville.org

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