L’ancien ministre du Logement Guillaume Kasbarian a déposé une proposition de loi le 4 février visant à mettre fin au « logement social à vie ». Ce texte, porté par l’actuel député, entendait à renforcer le contrôle des locataires en place au lieu de répondre à la crise du logement en favorisant la construction de nouveaux logements abordables. Ce texte suggérait que les locataires du parc social étaient des personnes riches, propriétaires de résidences secondaires, et qu’ils devraient être expulsés.
Mais, est-on riche quand on gagne plus de 1 223 euros par mois ? Le député proposait d’augmenter les loyers dès que le locataire dépassait ce seuil. Une poignée de locataires seulement serait concernée, et cette proposition ne règle en rien le problème de fond : loger 2,6 millions de ménages en attente d'un HLM !
En expulsant des personnes sans solution, le député risquait de les envoyer à la rue. En bloquant l'accès au logement pour les classes moyennes au logement, cette proposition de loi aurait réduit la mixité et créé davantage de ghettos.
Sur le terrain, les structures locales de la CLCV se sont mobilisées. Elles ont interpellé leurs députés avant l'examen du texte en commission des affaires économiques, afin de rassembler ceux qui s'opposaient à cette mesure, dont l'impact aurait été catastrophique pour les locataires. La CLCV national a appelé à un rassemblement le 31 mars, date de l’examen de la proposition de loi à l'Assemblée nationale.
Plusieurs unions départementales de l’association se sont réunies place Jacques Bainville à Paris pour protester contre la loi Kasbarian. Aux côtés des membres et adhérents, la députée LFI Gabrielle Cathala était présente. Des témoignages et discours de personnes habitant dans des logements sociaux ont dénoncé l’inaction des bailleurs face aux conditions de logement dégradées. La CLCV a appelé à une meilleure régulation et à une véritable prise en compte des droits des locataires. Ce rassemblement a permis de sensibiliser le public et de renforcer la mobilisation contre cette loi jugée injuste.
La proposition de loi a finalement été retirée avant son passage. La CLCV se félicite de cette issue, mais continue d'appeler les pouvoirs publics à agir pour faire respecter la loi existante et améliorer les conditions de vie des locataires, en leur garantissant un logement abordable sur tout le territoire.
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